En Guyane française, la quassia amara, appelée localement Couachi est reconnue pour ses propriétés antipaludiques. Cette plante a été breveté en 2018 par l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Or, elle a été identifiée par les scientifiques grâce à l’apport des savoirs traditionnels des peuples autochtones de Guyane.
Bien que l’IRD ait finalement abandonné le brevet il y a trois ans, les peuples autochtones de Guyane continuent de se battre pour faire reconnaître l’apport des savoirs traditionnels, car ce brevet est toujours considéré comme valide. Les autochtones de Guyane considèrent ce brevet comme un cas de biopiraterie : leurs savoirs ancestraux ont été confisqués par des laboratoires liés à des multinationales tout en excluant les véritables auteurs de la découverte. Selon les organisations autochtones, le brevet devrait être frappé d’illégalité, car il a été élaboré au mépris des droits des populations autochtones reconnus par les conventions internationales et, surtout, en violation de la loi sur la biodiversité votée en 2017.
Au Québec, des recherches sur les savoirs traditionnels utilisés pour soigner les symptômes du diabète ont été menées par les Cris et des chercheurs de l’Université McGill, l’Université d’Ottawa et l’Université de Montréal (UdeM). En 2009, les Cris ont conclu un accord de recherche qui respecte le droit inhérent des Eeyouch à la propriété intellectuelle découlant des connaissances collectives afin de se prémunir contre la biopiraterie. De plus, l’accord négocié avec l’aide de Me Elisabeth Patterson prévoyait que les Cris avaient un droit de veto sur toutes les publications du groupe de recherche et pouvaient refuser d’aller vers la commercialisation. S’ils l’acceptaient, il était prévu que la commercialisation ne se fasse qu’avec entreprise à but non lucratif.
Il est à noter que si l’accord n’a pas été renouvelé, les scientifiques ont tout de même procédé à des publications.
Pour en savoir plus: https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/2015738/biopiratrie-connaissances-autochtones-medecine-brevet

